jeudi 24 juillet 2008

Contribution:

Bonjour à tous,

Je vous envoie ci-joint un projet de texte introductif de notre commission. Conformément à la tendance qui se dégageait de notre dernière réunion, le texte illustre le développement durable comme ligne directrice de nos travaux. Ce thème apparaît comme un socle logique de notre commission.

Notre collègue Hawa Timera, et collégue de travail pour moi, a déjà ajouté ses propositions de modifications.

Je soumets donc le texte à vos remarques.

Cordialement,

Bakary COLY

06 27 00 25 40



Le Développement durable un tremplin pour le Sénégal


Le développement durable est, de nos jours, le terme qu’il faut absolument glisser dans un discours ou une conversation pour être tendance. C’est une notion très souvent confondue avec « l’écolo-attitude » ou une simple mode. Qu’en est-il en réalité ?


D’après le rapport Brundtland qui l’a consacré « Un développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs…». Dans la pratique, le développement durable revisite la notion de besoins, notamment « …les besoins des plus démunis auxquels il faut accorder la plus grande priorité ».

En effet, toutes nos entreprises visent à satisfaire nos besoins ; il s’agit aujourd’hui d’instiller la notion de « durabilité ». Cette pérennité ne peut être assurée que dans un environnement viable pour l’homme, les écosystèmes et un équilibre socio-économique durable.


Aussi évidente qu’elle puisse paraître, la notion de développement durable n’en est pas moins innovante.

Historiquement le développement s’est résumé à son acception économique, illustrée par la prépondérance de l’indice du PIB parmi les indicateurs d’aide à la décision pour les politiques publiques. Malgré les ajustements sociaux introduits dans la deuxième moitié du XXème siècle, le modèle économique capitaliste a exacerbé les inégalités sociales et a mis une pression insoutenable sur les ressources naturelles. Or, ces derniers se renouvellent beaucoup plus lentement que le rythme d’exploitation encouragé à la hausse par la mondialisation.

Depuis les années 70, il est prouvé que la solution industrielle apportée à la satisfaction de nos besoins, menace la viabilité de l’économie mondiale du fait de la raréfaction des ressources, pétrole en tête, mais aussi menace la survie de l’espèce humaine sur Terre. Comme l’a dit M. Chirac au sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 «la maison brûle». Le modèle économique actuel doit être revisité pour prendre en compte la pérennité des espèces vivantes et la préservation des générations futures.


L’évaluation à l’aune du PIB des pays, ne suffit pas à faire le développement - Cela se saurait au Sénégal où la croissance dépasse régulièrement les 5% - pire dans sa version néoclassique ou néocapitaliste elle menace les équilibres sociaux et détruit l’environnement.

Pourtant, depuis les indépendances nos Etats persistent à copier le modèle du développement industriel et économique occidental. Cela de manière tellement maladroite que les pires impacts : secteur primaire sacrifié, exode rural, capitale surpeuplée, environnement et santé humaine dégradés, …


Cependant le salut du Sénégal se trouve t-il dans le développement durable ? Avons-nous les moyens de nous offrir «ce luxe»?


La réponse à la question suivante peut nous guider. Est-il plus coûteux de corriger les impacts négatifs d’un système déjà construit que de chercher à les éviter dès la phase de conception ? La réponse est assurément la deuxième solution puisque l’impact négatif le moins cher à corriger est celui non produit. Le développement durable n’est pas un luxe, mais nécessite juste de la créativité.

Certes dans les pays développés la reconversion du modèle économique vers un modèle plus sobre aura un coût faramineux. A voir les résistances voire opposition des USA à toute résolution en faveur de la réduction des émissions de CO2, on comprend vite que l’addition sera salée pour eux.

Cependant, pour les pays comme le Sénégal «reste à faire. Notre pays fait partie de ceux qui ont le passif le moins lourd et ont enfin l’avantage sur les anciennes puissances.

Un nouveau marathon s’annonce et nous avons toutes les chances d’être exemplaires.


Un autre argument en faveur d’une approche durable pour le développement du Sénégal, c’est la redéfinition, la « ré-interrogation» de la notion de besoin. Avons-nous besoin d’avoir quatre murs et des tables bancs pour diffuser les connaissances ? Avons-nous besoin de parler le français pour concevoir ? Avons-nous besoin d’attendre l’aide extérieur pour faire des lotissements dans nos quartiers ou mieux gérer nos déchets ou bien préférer le vélo à la voiture? Avons-nous besoin de l’Etat pour prendre en main certains aspects de nos vies et celles de nos compatriotes ? Avons-nous besoin de pétrole ? Avons-nous besoin d’industrie ?...


Sans répondre à ces questions on peut affirmer sans risque que les Sénégalais attendent des réponses durables à leurs problèmes quotidiens.

Les membres de la commission 3 des Assises Nationales tenteront de leurs apporter leurs modestes, concrètes et durables propositions, à travers les secteurs nécessaires au développement durable du Sénégal, à savoir : l’Aménagement du territoire, l’environnement, l’énergie, le monde rural et le secteur primaire. Ces propositions sont formulées pour être complémentaires à celles des autres thématiques apportées par les 5 autres commissions.


Certainement, beaucoup se demanderont si ce n’est pas une nouvelle idée utopique ou pire nouvelle lubie. Justement non, le développement durable n’est pas une simple idée, c’est une audace de faire autrement et de vivre différemment.

Vive l’initiative des sénégalais et de la diaspora.

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